Le lambeau de Pers, ou lambeau nasogénien

Réparation profonde

Réparation profonde 2

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Lambeau nasogénien
Lambeau nasogénien

Le lambeau nasogénien à pédicule supérieur

Le lambeau nasogénien a été décrit par Kilner en 1937 et popularisé en 1994 par Préaux, dans le but de reconstruire des pertes de substances transfixiantes de l'aile du nez. Ce lambeau est également utilisable pour des reconstructions superficielles de l'aile du nez.

 

Pour les reconstruction de PDS superficielle, on utilisera un lambeau nasogénien "simple"

Pour les reconstruction de PDS transfixiante, on utilisera un lambeau nasogénien plicaturé avec interposition d'une greffe cartilagineuse.

 

La vascularisation du lambeau est sous cutanée et riche, assurée par des branches dermiques de l'artère faciale. Le pédicule est situé sous le canthus interne homolatéral à la lésion.

Grâce à cette très bonne vascularisation, la longueur du lambeau peut atteindre jusqu'à 10cm, avec une largeur de 2 à 3cm. (Rapport de 5 pour 1).

La longueur est adaptée à la perte de substance et à la nécessité de plicaturer ou non le lambeau (perte de substance transfixiante). La largeur est adaptée à la largeur de l'aile narinaire.

Dans les réparation de pertes de substance transfixiantes, un lambeau plicaturé permet une reconstruction des trois plans de l'aile narinaire, en interposant une greffe cartilagineuse.

 

 

 

Le dessin du lambeau :

Le dessin doit commencer par celui de la perte de substance puis de toutes les sous unités du nez. On hachure la peau du dorsum latéral homolatéral à la lésion, qui sera réséquée pendant l'intervention. On réalise un patron de la perte de substance pour déterminer la largeur exacte du lambeau.

Dans les reconstruction de perte de substance transfixiantes et décision de plicature de lambeau, le patron doit comporter une surface destinée à la peau et une surface, plus distale, destinée à reconstruite la muqueuse. Ces deux surfaces sont séparés de 2 à 3mm, correspondant au pli sous-alaire.

Le tracé médial de l'incision suit l'intégralité du sillon nasogénien, pouvant descendre sous la commissure labiale si nécessaire. Vers le haut, il rejoint la partie latérale de la perte de substance puis remonte vers le canthus interne en se cachant dans la convexité de la jonction des sous unités nez / joue.

Le tracé latéral du dessin du lambeau est parallèle au tracé médial, et remonte vers le canthus interne. En haut, la largeur du dorsum latéral est laissée entre les deux incisions.

 

 

L’exérèse du triangle du dorsum latéral se fait dans le plan sous musculaire, en laissant en place le périoste.

Le décollement du lambeau se fait en sous-cutané sur l'ensemble de la longueur. Après décollement, le dégraissage du lambeau est indispensable, d'abord pour l'affiner, celui ci allant se trouver dans une zone moins épaisse ; et pour éviter l'apparition d'un lymphoedème à distance de l'intervention. Le dégraissage est effectué sur l'ensemble de la surface du lambeau.

La plicature du lambeau est effectuée à l'aide de points de sous peau au fil tressé résorbable 4/0.

Le lambeau est fixé à la place de la perte de substance à l'aide de points de monofilament non résorbable 4/0.

Un décollement sous cutané jugal est nécessaire pour la fermeture du site donneur dans le sillon nasogénien. La cicatrice se cache dans le sillon nasogénien et alogénien.

 

Dans les cas où une interposition cartilagineuse est souhaitée : la zone de prélèvement préférentielle est la conque. En effet, sa nature convexe est adaptée à l'aile narinaire. La laxité du cartilage peut être augmentée en le scarifiant superficiellement au besoin.

L'abord postérieur permet de cacher la cicatrice rétroauriculaire.

 

Un des inconvénients du lambeau est qu'il reconstruit 2 sous unités esthétiques du nez et efface donc le sillon sus-alaire. Certains auteurs proposent de ne pas réséquer le triangle du dorsum latéral mais de le décoller et de placer au dessous le lambeau nasogénien désépidermisé, pour recréer un sillon sus-alaire.

Nous proposons la réalisation de point de capiton au niveau de sillon sus-alaire pour recréer celui ci. La résection du triangle du dorsum latéral s'impose alors et cela évite une épaisseur trop importante à ce niveau.

Burget propose la réalisation d'un lambeau à pédicule supérieur transitoire ayant l'avantage de n’intéresser que l'aile narinaire et donc de respecter le sillon sus-alaire.

Sources :

Le lambeau naso-génien dans la réparation des pertes de substance transfixiantes partielles de l'aile du nez. Ann Chir Plast Esth 1994 38;261-272

Lambeau nasogénien à pédicule supérieur : vers une amélioration de la technique chirurgicale. Rev sto Chir Maxillo 2014 115; 361-365

Réparation des pertes de substances interruptrices du nez. O. Malard