Lambeau de Mustarde, paupière inférieure

Lambeau de Mustarde Paupière
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Lambeau de Mustarde Paupière
Lambeau de Mustarde Paupière

Lambeau de Mustarde

paupière inférieure

Le lambeau de Mustarde est également présenté dans la partie sur les reconstructions jugales.

Lien vers le lambeau de Mustarde : lambeau de Mustarde

Le lambeau de rotation-avancement cervico-facial ou cevicojugal a été popularisé par Mustarde en 1966 dans son ouvrage Repair and Reconstruction in the Orbital Region.

Il a été décrit pour la réparation des pertes de substance de la partie antérosupérieure de la joue, voire parfois de la reconstruction de la paupière inférieure.

Ce sont Stark et Kaplan qui décrivent l'extension du décollement du lambeau en cervical pour les pertes de substance importantes de la joue.

La vascularisation est assurée par les pédicules dermiques et sous-dermiques au niveau de la joue.

En cervical, la dissection peut s'étendre sous le platysma, permettant d'enrichir encore la vascularisation.

 

Le dessin du lambeau :

Les tracés du lambeau sont cachés dans les plis physiologiques de la joue.

En avant, le tracé part de la perte de subtsance et descend le long du sillon nasogénien. A ce niveau, le tracé peut inclure dès le début l'exérèse de la future oreille provoquée par l'avancement du lambeau.

En haut, le tracé suit le sillon infra-orbitaire, ou sous-ciliaire, voire sous tarsal, en fonction de la topographie de la lésion. Le tracé passe à proximité du canthus externe puis remonte au dessus de celui ci dans la région zygomatique/temporale. Ceci permet de placer la tension qui s'exerce sur le lambeau dans la zone temporale, et non dans la zone infra-orbitaire, ce qui entrainerait un risque important d'ectropion.

Le tracé postérieur suit les plis pré-auriculaires, contourne le lobule, puis peut suivre le bord postérieur du muscle stero-cleido-mastoidien si nécessaire.

(Certains auteurs décrivent des lambeaux cervico-thoracique, le tracé s'étendant alors jusqu'à l'épaule puis vers le sillon delto-pectoral).

 

On réalise une incision cutanée et sous cutanée sur l'ensemble du tracé.

Le décollement commence depuis la perte de substcane (partie antério-supérieure) et s'oriente vers l'oreille et le cou.

Le décollement se fait dans le tissu sous-cutané, à la face profonde de la graisse sous-cutanée. Le SMAS ne doit pas être incisé, le décollement doit se faire à la partie superficielle du SMAS pour éviter une plaie du nerf facial. Le large décollement expose au risque de nécrose, certains auteurs ont donc décrit des décollement sous le SMAS, notamment chez les patients fumeurs. Le risque pour le nerf étant important, nous déconseillons ces techniques.

Si le décollement s'étend dans la région cervicale, il peut se faire sous le plan du platysma, commençant minimum 2 doigts (3cm) au large de l'angle mandibulaire, pour éviter le rameau marginal mandibulaire du nerf facial.

Le lambeau est suturé pour recouvrement de la perte de substance, en deux plans. Le plan sous cutané est réalisé au fil tressé résorbable 3/0, puis une plan cutané au monofilament 4/0.

 

L'inconvénient de ce lambeau réside dans le fait qu'il demande un important décollement, entrainant des risques de nécrose.

Sources :

Repair and Reconstruction in the Orbital Region. Mustardé 1966

Rotation flaps, neck to cheek. R. Stark and J. Kaplan. 1972

Advancement and rotation of a large cervicofacial flap for cheek repairs. Plast Reconst Surg 1979 5:692-6