Le lambeau d'Estlander

Premier temps

Deuxième temps

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Lambeau d'Estlander
Lambeau d'Estlander.PNG
Lambeau d'Estlander
Lambeau d'Estlander

Résultat post Estlander avant commisuroplastie

Lambeau d'Estlander
Lambeau d'Estlander
Lambeau d'Estlander

Résultat post Estlander après commisuroplastie

Le lambeau d'Estlander

Décrit par Estlander en 1877, c'est un lambeau hétérolabial qui utilise la lèvre inférieure pour réparer la lèvre supérieure ou vice-versa. Il trouve ses indications dans les pertes de substance transfixiantes de lèvre juxta-commissurales.

La technique de ce lambeau rejoint en partie celle du lambeau d'Abbé (il est parfois appelé lambeau d'Abbé-Estlander).

L'artère coronaire de la lèvre vascularise le site donneur et doit être préservée.

Un deuxième temps opératoire peut être réalisé pour sevrage du pédicule à 3 semaines du premier temps, permettant également d'affiner le lambeau par dégraissage.

 

 

 

Le dessin du lambeau :

Le dessin de la perte de substance correspond à un triangle, dont la base se situe sur la lèvre rouge. Ce triangle doit comprendre les marges d'exérèse.

Ici, nous présentons le cas d'une exérèse de carcinome épidermoide de la lèvre inférieure. Les descriptions sont également valables pour une perte de substance de la lèvre supérieure.

 

Le dessin du lambeau de reconstruction correspond à un triangle situé sur la lèvre opposée à celle de la PDS, de même taille que le triangle de l'exérèse. Le tracé latéral du triangle commence au niveau de la commissure labiale. Le sommet du triangle est placé dans le sillon naso-génien, afin d'y cacher la future cicatrice.

Le tracé médial est écarté de la commissure par une distance qui est la même que la base du triangle d'exérèse.

Le tracé médial se termine 1 à 2mm avant la jonction lèvre rouge / lèvre blanche, afin de ne pas prendre de risque pour le pédicule coronaire.

En bas, le dessin comprend un tracé situé dans la houppe du menton et un triangle de décharge du côté de l'exérèse, permettant une augmentation de la laxité.

 

 

 

Après l'exérèse transfixiante de la lésion, on incise selon les tracés dans la houppe du menton. Cette incision en pleine épaisseur de la lèvre inférieure permet de détacher un lambeau de lèvre inférieure.

 

La partie supérieure du lambeau est ensuite incisée.

On débute par une incision en pleine épaisseur de la lèvre supérieure selon le tracé latéral, depuis la commissure jusqu'au sommet du triangle.

L'incision du tracé médial est également transfixiante, et doit être prudente afin de ne pas léser le pédicule coronaire qui passe dans l'épaisseur de la lèvre rouge.

A ce niveau, le lambeau doit être libéré des attaches vestibulaires afin d'obtenir une laxité suffisante.

Au moment de la rotation du lambeau, sa seule attache correspond à la lèvre rouge. Une rotation de 180 degrés permet alors la réparation de la perte de substance.

 

La suture se fait en 3 plans et commence par un point commissural. Un plan muqueux et un plan musculaire au fil tressé 3/0, puis un plan cutané au monofilament 4/0. L'alignement lèvre rouge / lèvre blanche est à respecter.

 

Sources :

Estlander JA. Méthodes d’autoplastie de la joue ou d’une lèvre par un lambeau emprunté à l’autre lèvre. Rev Mens Med Chir 1877;1:344.